LA CLOCHE DANS LE CULTE DEHIMA : ENTRE FONCTION LITURGIQUE ET SYMBOLIQUE SPIRITUELLE
LA CLOCHE DANS LE CULTE DEHIMA : ENTRE FONCTION LITURGIQUE ET SYMBOLIQUE SPIRITUELLE
Selon plusieurs Témoignages des guides religieux Dehima, la trajectoire spirituelle de Bagué Honoyo, fondatrice et annonciatrice de la mission chrétienne Dehima, s'inscrit comme une épopée spirituelle placée sous le sceau du dépouillement et du prodige. Tout commence par un drame conjugal : après la disparition subite de son premier époux — dont on ne retrouva qu'une mare de sang près d'un foyer —, la jeune femme se voit imposer un second mariage. Entrant alors dans une profonde période de pénitence pour préserver son intégrité, elle feint les stigmates de la folie, dormant à la belle étoile, subissant les foudres des intempéries, déambulant et sombrant régulièrement dans des transes spirituelles. Cette apparente démence s'avère être un stratagème céleste destiné à éloigner ce prétendant indésirable. Face à ce comportement déroutant, ses parents éplorés la conduisent auprès de Dobé Grah Bébé à ASSANDRA , un prophète visionnaire et respecté qui, doté d'un don de clairvoyance, perçoit immédiatement la vérité. Il rassure la famille en affirmant que leur fille n'est point folle, mais que le Divin est en train de lui façonner un grand destin, lui réservant une clochette liturgique originellement promise au littoral. C’est pourtant au cours de travaux champêtres que le destin bascule : alors qu’elle s'attelle à la terre, Bagué Honoyo découvre le glié (ou guédé), cette clochette indispensable à sa future mission.
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| Glié ou guédé Premier élément liturgique reçu par Marie lalou |
De retour, elle présente l'artefact au prophète Dobé Grah, qui confirme solennellement la vision en lui confiant que cet instrument, son outil de travail le plus précieux, exige le plus grand soin. Le voyage initiatique de la future prophétesse s'achève par une ultime épreuve à son départ de chez le visionnaire, lorsqu'elle se retrouve face à une étendue d'eau qu'elle doit impérativement traverser ; bien que ne sachant pas nager, elle s'y aventure et, par un second miracle, émerge de l'autre rive entièrement sèche, découvrant au creux de sa paume quatre cauris sacrés déposés par une force invisible. Complétant la clochette, ces cauris formeront le tout premier socle liturgique d'une œuvre religieuse majeure qui continue de marquer la mémoire collective. Aujourd’hui encore, au sein du culte Dehima, cet instrument constitue un élément récurrent et fondamental des pratiques observées dans les différents espaces de prière. Présente dans de nombreuses cérémonies, la cloche occupe une fonction à la fois liturgique, organisationnelle, symbolique et sociale, héritée en droite ligne des enseignements de la fondatrice. Selon. les dignitaires de la communauté, son utilisation répond avant tout à une nécessité d’organisation des activités religieuses : elle annonce les heures de rassemblement, signale l’ouverture des offices, accompagne les chants et structure le déroulement des célébrations, y compris lors des messes de nuit ou des rigoureuses périodes de carême où elle sert de moyen traditionnel de convocation.
Au-delà de cette rigueur disciplinaire et de sa portée pratique, la cloche possède une profonde dimension symbolique liée à l’appel au recueillement, invitant les fidèles à se disposer intérieurement à la prière. Qu'elle soit fabriquée selon des méthodes artisanales locales ou issue de modèles plus modernes, elle assure une continuité historique et
identitaire forte, liant les générations contemporaines aux souvenirs et aux traditions des
premiers temps du mouvement. Ainsi, malgré l’avènement des moyens de communication modernes, le retentissement de la cloche demeure un vecteur essentiel de la dynamique collective et de la mémoire spirituelle, s'affirmant comme un pilier inaltérable du patrimoine liturgique Déhima.
L'impératif spirituelle du refus du cercueil chez les Dehimagnoas ou chrétiens dehima.
Au cœur de la doctrine religieuse Dehima, fondée par la prophétesse Bagué Honoyo — plus connue sous le nom de maman Marie Lalou , le rituel des obsèques revêt une dimension théologique d’une rigueur absolue qui tranche radicalement avec les mutations contemporaines de l'industrie funéraire. Alors que la société moderne tend vers une sophistication toujours plus ostentatoire des sépultures, rivalisant d’excès à travers l’usage de bières en bois précieux, en acier verni, ou rehaussées d'ornements en or, en diamant et en matériaux composites, la communauté Dehima prescrit à ses fidèles un dépouillement total lors du grand voyage, refusant catégoriquement l'usage du cercueil pour envelopper les défunts uniquement de tissus ou de vêtements blancs avant de les confier à leur dernière demeure. Pour ce culte, cette pratique l'ensevelissement dans la plus grande sobriété n'est en rien une simple coutume matérielle ou une convenance régionale, mais un dogme spirituel inviolable dont les fondements scripturaires et spirituels remontent directement à la Genèse de l'humanité et à l’époque de Jésus-Christ.
Le premier pilier de cette interdiction repose sur une vérité ontologique fondamentale dictée par Dieu à la prophétesse Bagué Honoyo : l’homme est né nu, démuni de tout artifice matériel, venu au monde par des voies purement naturelles ; c’est donc dans cette même pureté originelle, simplement paré d’un linceul blanc immaculé symbolisant la lumière et la clarté de l'âme, sans aucun écran de bois entre sa dépouille et la création, qu’il doit impérativement retourner à la terre nourricière, illustrant l'adage selon lequel nous sommes venus sans rien et nous repartirons de même.
Cependant, la justification la plus profonde et la plus singulière de ce refus du bois funéraire s’enracine dans une révélation spirituelle majeure liée au drame de la Crucifixion, une scène céleste survenue au moment où le Christ, après avoir été supplicié sur la croix, ressuscita d'entre les morts et s'éleva vers les cieux. Selon les enseignements de la prophétesse, l’arbre qui avait été abattu par les hommes pour fabriquer l’instrument du martyre de Jésus fut également élevé dans les sphères célestes, et c’est en ce lieu de vérité que l’entité spirituelle de cet arbre, désignée sous le nom de « Jésus â Ku-Su», fit entendre sa complainte douloureuse et solennelle devant le trône de Dieu.
L'arbre plaida vigoureusement son innocence face au déicide qui venait de se jouer, expliquant au Créateur qu’il menait une existence paisible et innocente au cœur de la forêt profonde lorsque des hommes violents vinrent le couper, le profaner et le façonner en croix pour y clouer le Fils de Dieu, le transformant malgré lui en un symbole universel de mort et de souffrance.
Face à cette protestation légitime de la nature ainsi outragée, une terrible colère divine, guidée par une volonté de justice et de vengeance cosmique, menaça de s’abattre sur l'humanité tout entière, coupable d’avoir associé la Création au meurtre du Sauveur. C’est précisément pour faire écran à cette foudre divine et préserver les hommes de la destruction que Bagué Honoyo reçut, lors d’une grande révélation survenue durant sa dernière période sainte d'initiation, l'ordre d'instaurer un temps d'expiation, de prière intense et de purification.
Durant ce Carême Dehima, les croyants se prosternent avec ferveur devant l'autel de Dieu et invoquent la mémoire de <<Jésus â Ku-Su>> pour demander pardon au nom de l’humanité, affirmant solennellement leur non-responsabilité et leur désolidarisation totale vis-à-vis des bourreaux du Christ. Dès lors, un paradoxe théologique insoutenable et une hypocrisie spirituelle majeure
apparaîtraient si un fidèle, après avoir passé sa vie terrestre à genoux pour implorer le pardon divin concernant le péché lié à l'utilisation du bois de la croix, acceptait à l'heure de son trépas d'être enfermé dans un cercueil fait de ce même matériau. Il est formellement inconcevable, pour la théologie Dehima, de quêter la réconciliation avec Dieu pour le martyre du Christ tout en persistant à utiliser l'arbre comme prison pour les morts ; le refus catégorique du cercueil demeurent l’ultime profession de foi du fidèle Dehima, qui choisit de s'allonger dans la tombe dépouillé de toute vanité terrestre pour témoigner de sa pureté, respecter la plainte de la nature et s'en aller vers l'éternité en parfaite cohérence avec ses prières de repentance.
ENSEIGNEMENT DE LA SEMAINE.
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| Jeune sacaba |CMG |
PEUPLE DE DIEU, ÉCOUTEZ CET APPEL VIBRANT QUI RETENTIT DU HAUT DES CIEUX ET VIENT ÉBRANLER LES FONDATIONS DE NOS CŒURS : « LAGÔ SACRÉMENT SAWA NAGNI YÉCOUNI WAMANE SÉLUIÉ ! »
Regardez l’état de notre monde actuel. Partout où nos yeux se posent, nous ne voyons que des divisions, des rivalités, des cœurs asséchés par l'orgueil et des esprits emprisonnés dans la prison dorée de l'individualisme et du chacun-pour-soi. L'homme est devenu un loup pour l'homme, oubliant d'où il vient et vers qui il retourne. Mais au milieu de ces ténèbres spirituelles et morales, cette parole sacrée s’élève comme un phare dans la tempête, comme un ordre suprême et non négociable du Créateur : AIMEZ-VOUS LES UNS LES AUTRES ! Ce n’est pas une simple suggestion, ce n’est pas un conseil que l’on peut choisir d’ignorer un matin et de suivre le lendemain. C’est la loi royale, le décret divin par excellence, la charte sur laquelle repose toute l'harmonie de l'univers sous le regard souverain de Lagô, le Dieu Très-Haut, source de toute justice et de toute vie.
Comprenez la profondeur de ce mystère, mes frères et sœurs ! Dire que Lagô est sacré, c’est proclamer haut et fort que l’œuvre de ses mains l’est tout autant. En créant l’être humain, le Tout-Puissant n’a pas seulement modelé de l’argile ; Il a déposé en chacun de nous, en chaque homme, en chaque femme, peu importe son origine ou son rang, une étincelle de sa propre divinité, un souffle de sa propre sainteté. Dès lors, comment pouvez-vous prétendre honorer Dieu si vous méprisez son image sur la terre ? Comment pouvez-vous lever des mains pures vers le ciel si ces mêmes mains refusent de se tendre vers votre prochain ? Celui qui calomnie son frère, celui qui piétine son semblable, celui qui cherche à s'élever en écrasant les autres ne fait pas seulement du tort à un homme : il insulte le Créateur lui-même et profane ce qu'il y a de plus sacré ! L'amour véritable commence là, dans la sainte prise de conscience que l'autre est mon prolongement, qu'il est mon miroir, et qu'il porte en lui la dignité que Lagô lui a conférée.
Mais quel est cet amour que le ciel réclame de nous avec tant d'insistance ? Ce n'est pas cet amour de façade, hypocrite et mielleux, qui s'évapore à la moindre contrariété ou dès que les intérêts personnels sont en jeu. Non ! Le Seigneur réclame un amour de feu, un amour en actes et en vérité ! C'est un amour qui se traduit au quotidien, dans le secret de nos vies comme sur la place publique. C’est agir avec une intégrité absolue, c'est bannir la fraude, le mensonge et la jalousie de nos relations et de nos entreprises. C'est avoir le courage de tendre la main à celui qui a trébuché, de partager son pain avec celui qui manque, et de couvrir les fautes d'autrui par le manteau du pardon plutôt que de les exposer au mépris général. L'amour authentique est sacrificiel : il sait mettre de côté son propre égo, ses propres ambitions démesurées, pour veiller à ce que personne ne reste sur le bord du chemin.
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| AKA BARTHÉLÉMY considéré comme homme d'union et de paix |
Écoutez-moi bien : aucune famille ne peut prospérer, aucune entreprise ne peut traverser les âges, aucune nation ne peut s'élever si elle est bâtie sur le sable mouvant de la discorde et de l'égoïsme. La véritable élévation, celle qui vient d'en haut et que personne ne peut corrompre, ne se décrète pas dans l'isolement. C'est l'union sacrée des cœurs, purifiés par la bienveillance et cimentés par la foi, qui attire la faveur divine et ouvre les portes de la véritable abondance. Quand nous acceptons de marcher main dans la main, en portant les fardeaux les uns des autres, nous créons un bouclier spirituel que les épreuves de la vie ne peuvent briser. Devant le trône de justice de Lagô, nous ne serons pas jugés sur l'or que nous aurons accumulé ni sur les titres professionnels que nous aurons glanés, mais sur la quantité d'amour que nous aurons semée autour de nous et sur la manière dont nous aurons protégé les plus vulnérables.
Que cette parole sacrée ne reste donc pas une simple mélodie à vos oreilles, mais qu'elle devienne le moteur de chacune de vos respirations. Que vos cœurs se convertissent à la culture de la paix, de la tolérance et de la solidarité agissante. Devenez les gardiens de vos frères et sœurs, les artisans d'une harmonie nouvelle, afin que la lumière de Dieu brille à travers vos actes. Puissiez-vous comprendre, une bonne fois pour toutes, que votre propre paix, votre propre bonheur et votre salut éternel sont à jamais et indissociablement liés à l’amour que vous porterez à votre prochain. Que le Dieu de justice, le grand Lagô, purifie vos cœurs, unisse vos familles et déverse sa bénédiction sur quiconque choisit aujourd'hui la voie royale de l'amour mutuel !
Amen ! Amen ! Qu'il en soit ainsi !
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