SABO-SCHOOL |CARÊME DÉHIMA : AU CŒUR DES FONDEMENTS SPIRITUELS DU CULTE DEHIMA
LA RÉTROSPECTIVE DE L'AVÈNEMENT DE SABO-SCHOOL AU DEHIMA.
la charnière des années 1948 et 1949, le village de Labogrou s’est imposé comme l’un des principaux foyers d’un événement déterminant dans l’histoire du Dehima, mouvement religieux fondé en Côte d’Ivoire par Sa Sainteté Bagué Honoyo. Selon les récits transmis au sein de la communauté, la fondatrice entra alors dans une longue période de retraite spirituelle marquée par le silence, la prière et une austérité extrême, au cours de laquelle elle se serait privée de nourriture et de boisson. Malgré cet isolement volontaire, de nombreux fidèles continuaient d’affluer vers sa résidence afin d’y rechercher bénédictions et réconfort. Les lieux demeuraient animés par les chants qu’elle faisait entendre depuis sa retraite, notamment le cantique « Ayéh ô Honoyo ô Ignawêli kamaka ô Lagô Dou ô ahié minissa Bagué nawêlilabé Bague Honoyo na boh ô », devenu au fil du temps l’un des symboles spirituels de cette période. À l’issue de cette expérience, Bagué Honoyo affirma avoir été conduite jusqu’à une cité céleste appelée « Ma caàh », présentée comme la représentation spirituelle de la Mecque sur Terre. C’est à la suite de cette révélation qu’elle institua un temps de jeûne de trente jours inspiré du « Coubalou ah Djréma », observance proche du carême islamique. Initialement, cette pratique imposait une abstinence complète durant la journée.
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Cependant, prenant en considération les difficultés auxquelles étaient confrontés les fidèles, principalement engagés dans les travaux agricoles, la fondatrice obtint un assouplissement de cette prescription. Le jeûne diurne fut ainsi remplacé par des célébrations nocturnes organisées pendant trente nuits consécutives. Ces rassemblements se déroulaient au pied du Ku-Su, arbre associé au sacrifice du Christ et au souvenir de la crucifixion. Si 1948 est retenue comme l’année de la révélation du Sabô Soucou, également désigné sous le nom de Sabo-School, l’année 1949 marque quant à elle la célébration des premières messes de nuit officielles. Plusieurs décennies après son instauration, cette tradition continue d’occuper une place essentielle dans la vie spirituelle des fidèles du Dehima, en symbolisant la pénitence, le recueillement et la communion fraternelle.
OBSERVATION D'UNE FORTE DISPARITÉ DANS LE CALENDRIER LITURGIQUE DES PAROISSES.
Dans le cadre de notre série consacrée aux fondements doctrinaux et aux pratiques spirituelles de la communauté Dehima, LAOULO ONLINE vous propose une plongée au cœur des grandes questions qui animent cette foi.
Pour ce faire, notre rédaction est allée à la rencontre des différentes sensibilités qui composent cette communauté. Les témoignages, explications et positions doctrinales recueillis sont restitués fidèlement, dans le strict respect de la parole de chaque interlocuteur.
La position de la paroisse GUEDI SEMOUA d'Ahouty
Sabô Soucou : De mai à juin, la pratique du carême selon plusieurs paroisses tel que KDP ( Kouamé Dinis Pita)
Certaines paroisses maintiennent l’organisation de leurs célébrations nocturnes durant la période comprise entre les mois de mai et de juin. Selon plusieurs fidèles rencontrés, cette orientation liturgique s’inscrit dans une volonté de commémorer la période de formation spirituelle de la prophétesse Bagué Honoyo. D’après les récits rapportés au sein de la tradition déhimiste, celle-ci se serait soumise, durant cette étape de son cheminement spirituel, à une discipline ascétique rigoureuse inspirée du modèle du carême musulman, observant pendant trente jours consécutifs une abstinence totale de l’aube jusqu’à 18 heures. En référence à cet héritage spirituel, plusieurs paroisses choisissent ainsi d’ouvrir leurs offices au pied du Ku-Su afin de marquer ce temps de pénitence, de sanctification et de recueillement. Cette pratique, encore observée dans certaines localités, continue d’alimenter les échanges au sein de la communauté et témoigne de l’attachement d’une partie des fidèles à la mémoire spirituelle et aux traditions associées à la fondatrice du Dehima.
Ce que dit la congrégation Marie Gbalet
D'après le témoignage recueilli, c'est en 1948 que la prophétesse Bagué Wlonyo aurait reçu l'enseignement complet du Sabô Soucou. La première célébration officielle aurait eu lieu dès 1949 à Lobogrou. Selon notre source, la pratique était initialement fondée sur le jeûne total. La prophétesse aurait alors intercédé auprès d'Abba Lagô, arguant que les fidèles Dehima, majoritairement cultivateurs, ne pouvaient soutenir un jeûne rigoureux tout en travaillant la terre. La réponse divine aurait alors substitué au jeûne une veille nocturne de prière, assortie d'interdictions alimentaires dans la journée.
Sur la question du calendrier, le responsable de la CMG apporte un éclairage historique particulier. Selon lui, sous la tutelle coloniale française, la Côte d'Ivoire était tenue de célébrer le 14 juillet. Cette contrainte aurait conduit le clergé de l'époque à prendre la décision que le Carême n'excède pas cette date, faisant ainsi du 14 juillet un point de repère historique dans le calendrier du Sabô Soucou. Notre interlocuteur souligne cependant que cette contrainte coloniale n'a plus lieu d'être aujourd'hui, la Côte d'Ivoire étant un État indépendant célébrant sa propre fête nationale le 7 août. Le mois de mai : Une spécificité propre à Marie Gbalet Selon le responsable interrogé, le mois de mai revêt une signification particulière au sein de la Congrégation Marie Gbalet. Ce mois aurait été inspiré par Dieu à la prophétesse Marie Gbalet comme période de prières préparatoires au Carême de juin. Cette disposition répondrait à une logique précise : le Carême étant un temps de pénitence où les prières de guérison sont suspendues, Marie Gbalet aurait institué le mois de mai comme période de jeûne personnel lui permettant de continuer son ministère de guérison pendant le Carême de juin à juillet. Sur le plan culturel, notre source indique que la prophétesse Bagué Wlonyo aurait recommandé de célébrer le Carême à la sixième apparition de la lune, durant le Dogbô blitchô période de récolte du fruit Dôgbô en langue Godié, symbolisant la moisson et la maturité.
Au terme de cet entretien, le responsable de la Congrégation Marie Gbalet présente le Carême Dehima comme reposant sur trois piliers : un contexte historique et spirituel ancré dans la révélation de 1948, un contexte propre à Marie Gbalet lié au mois de mai, et un contexte culturel enraciné dans les cycles agricoles de la communauté.
Il précise enfin que l'observation de la lune demeure le signal officiel annonçant le début et la fin de la Messe de nuit au sein de la Congrégation Marie Gbalet.
PRISE DE NOTE.
À travers les différentes prises de parole recueillies auprès des responsables religieux, des fidèles et de certains paroissiens, il ressort que les célébrations liées au Sabô-School, ou Sabô Soucou ( messes nocturnes) continuent d’occuper une place centrale dans la vie spirituelle de la communauté Dehima. Les témoignages évoquent tour à tour les périodes de préparation spirituelle, les pratiques de jeûne, les temps de pénitence et les rassemblements organisés autour du Ku-Su, tous présentés comme hérités des enseignements de la prophétesse Bagué Honoyo et perpétués par les différentes générations de fidèles. Selon les récits rapportés, ces observances demeurent profondément liées à la mémoire des premières expériences spirituelles vécues à Labogrou entre 1948 et 1949, période considérée par plusieurs intervenants comme déterminante dans l’édification des pratiques du culte Dehima. Entre attachement aux traditions, transmission des récits fondateurs et maintien des rites communautaires, les diverses positions exprimées témoignent de la persistance d’un patrimoine religieux et spirituel qui continue de structurer les célébrations et les pratiques de nombreuses paroisses au sein du Dehima.
ENSEIGNEMENT.
Dieu n’abandonne jamais ceux qui L’invoquent avec sincérité. Il transforme les larmes en joie, les épreuves en témoignages et les chemins incertains en voies éclairées par Sa présence. Ainsi, la parole devient un instrument de délivrance et un canal de renaissance intérieure.
ZONE D'INFO HEBDOMADAIRE
L’ÉVEIL SPIRITUEL SOUS L’ÉGIDE DE SON ÉMINENCE PAWABA OSSOLOUA : UN JEÛNE COLLECTIF POUR UNE COMMUNION RENOUVELÉE
Dans une dynamique de ferveur et de recueillement, Son Éminence Pawaba Ossoloua a décrété l’observance d’un jeûne collectif ce vendredi 15 mai, marquant une étape solennelle dans la préparation spirituelle de la communauté avant la célébration de la Messe de nuit.
Ce temps de privation volontaire, loin d'être une simple contrainte, s'est imposé comme un véritable souffle de renaissance, invitant chaque fidèle à se plonger dans une atmosphère de concentration profonde et de convivialité fraternelle. En plaçant ce vendredi sous le signe du pardon mutuel et de la pénitence, Son Éminence exhorte la communauté à une purification des cœurs, condition sine qua non pour recevoir la lumière d'une vie paisible et les grâces divines attachées au Sabô Soucou. Cet acte de dévotion collective réaffirme la place centrale de la discipline spirituelle dans la quête de sanctification, transformant ce moment de sacrifice en un puissant vecteur de cohésion et de paix intérieure devant Dieu.
AVIS DE DÉCÈS | LAOULO ONLINE
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| LEZÉ GUEDI SOSSO DE LA CMG |
laissant derrière lui une communauté en deuil et un héritage spirituel qui demeurera gravé dans les mémoires.
NOCES
nouveaux époux ont scellé une alliance placée sous le signe du bonheur partagé et de l'amour inconditionnel. Cette cérémonie, véritable hymne à la convivialité, a magnifié les valeurs de tolérance et de don de soi, piliers essentiels de la vie conjugale au sein du mouvement. Au-delà du lien civil et religieux, cette union porte en elle l'espérance de la longévité, cette grâce tant chérie dans la doctrine de Bagué Honoyo, offrant ainsi au couple un nouveau départ vers une vie paisible et sanctifiée. Dans une atmosphère de joie communicative, les fidèles ont entouré les mariés, témoignant une fois de plus que le Dehima demeure une terre de communion où chaque engagement humain trouve son écho dans la lumière divine.








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