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Couverture de la première édition LAOULO ONLINE |
LA PROPHÉTESSE BAGUE HONOYO
_Depuis l'émergence de la mission Dehima dans les années 1920, la figure de Bagué Honoyo, plus connue sous le nom de Marie Lalou, ne cesse de défrayer la chronique. Entre miracles présumés et bras de fer avec les autorités coloniales, enquête sur une foi qui ébranle les structures établies.
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Tout commence en 1922, lorsque Marie Lalou, née Guigba Dawlon en 1892 à Gagoué, affirme avoir reçu une révélation divine. Mais c'est à Lobogrou que son destin bascule. Longtemps vilipendée, sa doctrine trouve un écho inattendu auprès de son neveu, Zakpa Guéma, chef du quartier de Grogbaredou.
Le notable, dont le foyer était resté désespérément vide après quinze ans de mariage, aurait vu sa lignée sauvée par l'intercession de la prophétesse. « L'épouse fut bientôt enceinte et accoucha d'une fille, puis d'un fils », rapportent les témoins. Ce « miracle de la vieillesse » a agi comme un véritable catalyseur, transformant le scepticisme initial en une adhésion massive. Dès lors, les « consultantes » affluent pour des problèmes de fertilité ou de santé, soignées, dit-on, par la simple imposition des mains.
Cependant, ce succès fulgurant n'est pas sans susciter de vives hostilités. En 1943, le mouvement entre dans une zone de turbulences. Les missions catholique et protestante, solidement implantées dans la région, voient d'un mauvais œil cette concurrence spirituelle qu'elles qualifient de « dangereuse déviation du christianisme ».
Les accusations pleuvent : la prophétesse est taxée de sorcellerie et de pratiques fétichistes. On l'accuse même de rites macabres pour effrayer les fidèles. Malgré ces pressions, le soutien populaire ne faiblit pas. Pour les villageois, le verdict est sans appel : la religion de Bagué Honoyo est la seule authentique.
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Chef suprême par intérim ( Au milieu) |
Après plusieurs enquêtes administratives menées par l'enquêteur Amadou Gueye et les officiers de Lakota, le gouverneur de la Côte d'Ivoire, Monsieur Laurent Péchoux, a convoqué Marie Lalou pour une audience décisive.
Le protocole a été marqué par un incident symbolique fort. Invitée par le Gouverneur à prendre place sur une chaise d'honneur, la prophétesse a décliné l'offre. « Dieu m'a interdit l'usage d'un autre siège que mon petit banc », a-t-elle déclaré avec une humilité désarmante. C'est donc assise à même son tabouret traditionnel qu'elle a fait face aux dignitaires catholiques, protestants et musulmans réunis pour l'occasion.
« J'ignore toutes ces choses »
Interrogée sur son éducation, celle qui se présente comme l'envoyée de Dieu a surpris l'assistance par sa franchise : « J'ignore toutes ces choses », a-t-elle répondu au Gouverneur qui s'enquérait de son aptitude à lire et écrire. Pour ses partisans, cette absence d'instruction formelle est la preuve même de son inspiration divine.
Alors que le jugement final sur le statut de son culte reste en suspens, l'affaire Marie Lalou soulève une question fondamentale sur la liberté religieuse et l'identité africaine en ces temps de mutations profondes. Le Dehima, bien que contraint à une existence semi-clandestine, semble plus que jamais ancré dans le cœur de ses fidèles.
Ce « miracle de la vieillesse » a agi comme un véritable catalyseur, transformant le scepticisme initial en une adhésion massive. Dès lors, les « consultantes » affluent pour des problèmes de fertilité ou de santé, soignées, dit-on, par la simple imposition des mains.
Les accusations pleuvent : la prophétesse est taxée de sorcellerie et de pratiques fétichistes. On l'accuse même de rites macabres pour effrayer les fidèles. Malgré ces pressions, le soutien populaire ne faiblit pas. Pour les villageois, le verdict est sans appel : la religion de Bagué Honoyo est la seule authentique.
Alors que les tensions étaient à leur comble, Bagué Honoyo a procédé, séance tenante, à la guérison d'hommes dits « ambulants » (ceux dont la santé apparente cachait un sort funeste). Par une simple imposition des mains, la prophétesse a rendu la vigueur à ces malades devant une assistance médusée. Le Gouverneur, témoin direct de cette scène, en a été profondément bouleversé.
En lieu et place de véhicules ou de richesses, elle n'a accepté que trois objets hautement symboliques pour sa mission :
Un drapeau, symbole de liberté et d'indépendance pour sa communauté ;
Une cloche, afin de convoquer les fidèles à la prière ;
Une cuvette émaillée, destinée au rite de purification de sa table sainte.
De la foi à la politique : l'ombre de Félix Houphouët-Boigny
L’audience a également révélé un lien spirituel inattendu avec le paysage politique naissant. Le Gouverneur, ayant eu vent des oraisons de la prophétesse, a sollicité une prière personnelle, déclarant avoir compris qu’elle intercédait déjà pour Félix Houphouët-Boigny.
Avec une sagesse qui a impressionné l'assemblée, Bagué Honoyo a rappelé que ses prières n'étaient la propriété d'aucun camp, mais destinées à « tous les êtres humains », avant d'accéder à la demande du haut fonctionnaire.
Cette rencontre marque la fin d’une longue période de pénitence pour la prophétesse. Il se murmure déjà dans les cercles proches du Dehima que dès avril 1943, des révélations auraient présenté le futur leader ivoirien comme un « sauveur » pour le peuple. Avec cette reconnaissance officielle de 1947, le Dehima n'est plus une secte clandestine, mais une force spirituelle avec laquelle le pouvoir colonial doit désormais composer.
INSTALLATION DE L'ÉGLISE DEHIMA EN CÔTE D'IVOIRE.
Alors que l’Église Dehima savourait sa reconnaissance nouvelle, une rencontre historique s’est tenue dans le quartier Bada de Lakota. Un face-à-face entre deux destins : Bagué Honoyo, l’envoyée de Dieu, et Félix Houphouët-Boigny, alors député à l’Assemblée nationale française.
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L'actuelle église du siège de l'église |
L’instant fut solennel. Devant celui qui incarnait déjà les espoirs de la nation, la prophétesse a posé un acte hautement symbolique en lui remettant une clé mystique. « Je vous donne cette clef que Dieu m’a chargée de vous remettre, afin que vous ouvriez aux peuples de la nature le chemin du bonheur », lui a-t-elle déclaré, investissant le futur président d'une mission presque divine.
Au-delà du geste, c'est une véritable feuille de route politique et spirituelle que Marie Lalou a dictée au député. Elle l'a enjoint à l'unité populaire, l'exhortant à ne jamais oublier les peuples de la brousse et à ne suivre que la volonté de Dieu dans sa conduite des Ivoiriens.
Ce jour-là, l'alliance fut réciproque. En recevant cette "onction" prophétique, Félix Houphouët-Boigny a, en retour, confirmé l'autorisation de prêcher déjà accordée par le gouverneur Péchoux. Ce double appui — celui du colonisateur et celui du leader nationaliste — a définitivement ancré le Déhima dans le paysage sociopolitique ivoirien.
Le processus de reconnaissance, entamé dans la douleur et les enquêtes en 1944, a trouvé son épilogue juridique. L’église Déhima n'est plus un mouvement clandestin ou une "déviation" surveillée : elle est désormais officiellement reconnue par l'administration via la décision n° 71/139/AP/D.
Par cet acte, Bagué Honoyo ne s’est pas seulement imposée comme une guide spirituelle ; elle est devenue la "faiseuse de rois" qui, dans l’ombre de Lakota, avait prédit que le retour de Félix Houphouët-Boigny à la terre ne dépendrait d’aucun homme, mais seulement de l’accomplissement de sa mission terrestre. Une page de l’histoire de la Côte d’Ivoire vient de s’écrire, mêlant indissociablement la foi africaine et l'unité nationale.
À suivre...
ENSEIGNEMENT DE LA SEMAINE.
Evangile de GRIZENIN << l'escargot se déplace avec sa coquille. >>
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LAOULO au camp de la pawa ZIKLIKPOUHI GNAKPÔ |
DEHIMABA PRÉDICATEUR LAOULO de la paroisse Marie Gbalet d'Abidjan Riviera golf.
À travers cette parabole empreinte de sagesse, Dieu nous adresse une exhortation profonde. À l’image de l’escargot qui ne se sépare jamais de sa coquille, l’homme est appelé à demeurer attaché à ce qui fonde son identité spirituelle. Il nous invite, en premier lieu, à porter notre affection vers des femmes et des hommes animés d’un véritable amour pour l’Église DEHIMA, capables d’en préserver l’héritage, même après notre passage sur cette terre.
Ainsi, le choix du conjoint ne saurait être laissé au hasard ni guidé par des considérations superficielles. Il importe de s’unir à une personne enracinée dans les valeurs de la foi DEHIMA, afin que nos enfants grandissent dans cette même lumière, sans être détournés du chemin spirituel. Toutefois, si l’on envisage de prendre pour épouse une femme étrangère à cette foi, il devient impératif de lui transmettre, avec rigueur et constance, les enseignements fondamentaux, afin de préserver l’âme spirituelle de la descendance.
Par ailleurs, cette parabole nous rappelle une vérité essentielle : quels que soient les horizons que la vie nous offre, nous ne devons jamais renier nos origines. Être DEHIMA ne relève pas d’un lieu, mais d’une conviction profonde. Que l’on demeure en Côte d’Ivoire, en France ou aux États-Unis, la foi doit rester inébranlable. Se départir de son identité spirituelle sous prétexte de changement de pays constitue une faiblesse que Dieu ne saurait agréer.
Demeurons donc fidèles à notre foi, constants dans nos engagements et fermes dans notre identité spirituelle, à l’image de l’escargot qui, partout où il va, demeure inséparable de sa coquille.
Aweniaooo !!
Que Dieu nous bénisse abondamment.
ZONE D'INFO HEBDOMADAIRE
CARÊME DEHIMA OU MESSE DE NUIT| Le temps du recueillement approche
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Image d'une nouvelle lune Symbole du début et de fin de cette période |
Fidèles Dehima, le moment est venu de préparer vos cœurs.
Bientôt les messes de nuit
ce mois sacré de prière intense, de repentance et de méditation de la parole de Dieu approche à grands pas.
Un mois pour se détacher du superflu.
Un mois pour se rapprocher du divin.
Un mois pour laisser la parole de Dieu transformer nos vies de l'intérieur.
Préparez-vous spirituellement.
Purifiez vos cœurs. Examinez vos consciences. Entrez dans ce temps sacré avec sincérité et humilité.
<< Que chaque fidèle se présente devant Dieu avec un cœur nouveau>>
LITURGIE DEHIMA|Implantation de KU-SU
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PAWABA OSSOLOUA grand prêtre| paroisse KDP
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LOCODJRO – En ce jour mémorable, la communauté Déhima a vécu un moment d’une rare intensité spirituelle. Sous l’égide de S.E. Pawaba Koffi Mathieu Guedi Ossoloua, Grand Prêtre de la Mission, la nouvelle paroisse de Locodjro Akelie a officiellement reçu ses attributs sacrés.
Un Rite de Fondation
La cérémonie, empreinte d'une solennité profonde, a été marquée par l’implantation du Ku-Su (la Sainte Croix de Jésus) et du Déhima. Cet acte liturgique fonde l’autorité spirituelle du nouveau sanctuaire, désormais placé sous la direction du Dehimaba Aïzayo.
Une Hiérarchie Unie
Pour l'accomplissement de ces rites séculaires, le Grand Prêtre était entouré d'un collège éminent de dignitaires :
Le Pawaba Lagokanakwe
Le Pawaba Oka Nouan
Le Pawaba Guedi Force
L'Invocation du Divin
L'assemblée, recueillie, a invoqué la descente en puissance de l'esprit Topeta (Jésus-Christ). Cette consécration ne marque pas seulement l'ouverture d'un lieu de culte, mais le rayonnement renouvelé d'une foi ancrée dans la tradition et la puissance de l'Esprit saint.
Messe de retrouvailles à gesco
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Fidèles Dehima Lors de cette rencontre
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Le dimanche 03 mai 2026, la paroisse KOFFI ÉTIEN MATHIEU de Gesco Ciel a servi de cadre à une importante messe de retrouvailles organisée sous l’autorité spirituelle de Son Éminence Pawaba Guedi Aletri. Cette célébration, marquée par une forte affluence, a réuni près de trois cents fidèles venus de plusieurs localités du district d’Abidjan et des environs. Dans une atmosphère empreinte de ferveur et de solennité, cette rencontre religieuse a témoigné du dynamisme et de la cohésion de la communauté Dehima.
Célébration des noces
C'est dans une atmosphère de grâce et de ferveur spirituelle que la paroisse Kouamé Dinis Pita (KDP) a vécu un moment d'exception.
Nous avons eu le privilège d'être témoins d'une cérémonie doublement bénie : l'union sacrée de deux couples célébrée en un même jour, dans la joie, la prière et la communion fraternelle.
Un moment rare et solennel où l'amour humain et la bénédiction divine se sont rencontrés, sous le regard ému d'une communauté rassemblée dans un même élan de cœur.
Deux foyers fondés.
Deux promesses scellées devant Dieu.
Une communauté Dehima qui grandit et se fortifie.
Pour aller plus loin
Cet article a été réalisé aussi grâce aux témoignages recueillis au sein de la communauté Dehima et de informations issues de nos sources de référence :
🔹 Dehima en Ligne
🔹 Dehima TV
🔹 Face aux Dehimagnoas
🔹 L'Église Dehima — Congrégation Marie Gbalet
Nous remercions l'ensemble de ces sources pour leur contribution à la documentation et à la préservation de la mémoire de la communauté Dehima.
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